1Le sujet traitĂ© concerne la force obligatoire de la Charte EuropĂ©enne des droits fondamentaux avant et aprĂšs le traitĂ© rĂ©formateur, Ă©galement dit traitĂ© de Lisbonne. 2Le traitĂ© de Lisbonne qui a Ă©tĂ© signĂ© le 13 dĂ©cembre 2007 par les chefs dâĂtat et de gouvernement, prĂ©voit une rĂ©fĂ©rence Ă la Charte des droits fondamentaux dans lâart. 6 § 1 du traitĂ© sur lâUnion europĂ©enne prĂ©cisant que la Charte a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s. La Charte elle-mĂȘme ne fait pas partie des traitĂ©s, par contre elle sera publiĂ©e au Journal Officiel de lâUnion. Pour pouvoir Ă©valuer la nouvelle rĂ©glementation selon le traitĂ© rĂ©formateur, il est utile de sâintĂ©resser dâabord Ă ce quâil en Ă©tait de la force obligatoire de la Charte avant ce traitĂ©. 3En ce qui concerne cette situation prĂ©alable, on commencera par une Ă©vocation rapide de la genĂšse de la Charte des droits fondamentaux et du rĂŽle jouĂ© par cette derniĂšre dans la jurisprudence nationale et communautaire. 4En conclusion de cette premiĂšre partie, on exposera la situation telle quâelle se prĂ©sentait avec le traitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour lâEurope. 5Au cours de la prĂ©sentation de la deuxiĂšme partie qui traite de la force obligatoire de la Charte selon le traitĂ© rĂ©formateur, on mettra lâaccent dâune part sur lâimportance juridique de cette Charte et dâautre part sur son champ dâapplication. 6Enfin, on sâintĂ©ressera plus particuliĂšrement Ă la rĂ©glementation relative au cas dâexception de la force obligatoire qui a Ă©tĂ© obtenue par la Grande-Bretagne et la Pologne. 7Le 16 octobre 1999, le Conseil europĂ©en de Cologne a confiĂ© Ă une Enceinte », qui se dĂ©signera elle-mĂȘme par le terme de Convention, lâĂ©laboration dâune Charte EuropĂ©enne des droits fondamentaux pour ancrer de façon visible lâimportance des droits fondamentaux et leur portĂ©e pour les citoyens europĂ©ens. La Convention, composĂ©e de reprĂ©sentants des chefs dâĂtat et de Gouvernement et de la Commission europĂ©enne et de membres du Parlement europĂ©en et des parlements nationaux, devait inclure dans la Charte les droits Ă la libertĂ© et Ă lâĂ©galitĂ© et les principes procĂ©duraux tels que reconnus par la Convention europĂ©enne des Droits de lâHomme et par les traditions constitutionnelles communes aux Ătats membres. Il fallait aussi prendre en considĂ©ration les droits de la Charte sociale europĂ©enne et de la Charte communautaire des droits sociaux des travailleurs. 1 Tribunal de premiĂšre instance, aff. T-54/99, Rec. 2002, p. II-313 ; Tribunal ... 2 Tribunal de premiĂšre instance, Philip Morris aff. T-377/00 Rec. 2003, p. II ... 8La Charte a Ă©tĂ© proclamĂ©e solennellement par le Parlement, le Conseil et la Commission le 7 septembre 2000. Toutefois, elle ne faisait pas pour autant partie des traitĂ©s et nâavait pas de force juridique contraignante. MalgrĂ© cette absence de caractĂšre obligatoire, elle a jouĂ© un rĂŽle dans la jurisprudence nationale et communautaire. Ainsi par exemple dans les dĂ©cisions prises par le Tribunal de premiĂšre instance se trouvent quelques rĂ©fĂ©rences Ă la Charte1. En gĂ©nĂ©ral, le Tribunal de premiĂšre instance ne considĂšre pas la Charte comme Ă©tant obligatoire, mais il lui attribue une certaine importance quant Ă lâordre juridique de lâUnion europĂ©enne2. 3 Conclusion de lâavocat gĂ©nĂ©ral Alber, aff. C-340/99 TNT-Traco, Rec. 2001, p. I-4109, 4112 ; conc ... 9De mĂȘme, dans les conclusions des avocats gĂ©nĂ©raux, il est, Ă plusieurs reprises, fait mention de la Charte3. 4 Cour constitutionnelle dâEspagne, aff. STC 292/2000 du Cour constitutionnelle dâAllema ... 10Les tribunaux nationaux, les Cours constitutionnelles dâEspagne et dâAllemagne par exemple, ont eu recours Ă la Charte pour appuyer leur prise de position juridique4. 11La Cour de Justice de lâUnion europĂ©enne a Ă©galement mentionnĂ© la Charte pour soutenir les rĂ©sultats auxquelles elle avait abouti sur la base de lâart. 6 du traitĂ© sur lâUnion europĂ©enne dans son ancienne version. 12Le traitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour lâEurope avait incorporĂ© le texte complet de la Charte des droits fondamentaux dans sa deuxiĂšme partie, confĂ©rant ainsi Ă la Charte une force juridique obligatoire. Lâincorporation de la Charte dans le texte du traitĂ© nâĂ©tait pas problĂ©matique parce que la Convention, qui avait Ă©laborĂ© la Charte, travaillait comme si la Charte allait devenir juridiquement obligatoire. 13En ce qui concerne la situation au lendemain du traitĂ© de Lisbonne, selon le nouvel art. 6 § 1 du traitĂ© sur lâUnion europĂ©enne, lâUnion reconnaĂźt les droits, les libertĂ©s et les principes Ă©noncĂ©s dans la Charte si bien que celle-ci a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s. Par cette disposition, la Charte devient partie intĂ©grante du droit primaire de lâUnion. 14Non seulement les droits et les libertĂ©s garantis par la Charte, mais aussi les principes qui nâĂ©tablissent pas de droits subjectifs auxquels les citoyens peuvent se rĂ©fĂ©rer directement, deviennent du droit obligatoire. 15DĂšs lors que la Charte des droits fondamentaux fait partie du droit primaire, elle a prioritĂ© sur le droit dĂ©rivĂ© et aussi sur le droit national. Pour Ă©viter lâinapplicabilitĂ© en cas de contradiction, il faut interprĂ©ter le droit conformĂ©ment Ă la Charte. 16Le PrĂ©sidium de la Convention avait ajoutĂ© des explications Ă chaque article de la Charte, toutefois ces explications nâont pas de force juridique obligatoire, bien que, selon lâart. 52 § 7 de la Charte, ils doivent ĂȘtre pris en considĂ©ration lors de son interprĂ©tation. 17Pour garantir le rĂŽle de la Cour de Justice de lâUnion europĂ©enne comme moteur dâintĂ©gration, cet article doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© dynamiquement, ce qui signifie que lâinterprĂ©tation de la Cour de Justice peut diffĂ©rer de la teneur des explications relatives Ă la Charte. 18Afin de mieux souligner lâimportance de la Charte, Ă©voquons maintenant son champ dâapplication. 19Lâart. 51 § 1 de la Charte oblige les institutions et les organes Ă la respecter. Les institutions mentionnĂ©es sont le Parlement, le Conseil europĂ©en, le Conseil, la Commission, la Cour de Justice, la Banque centrale et la Cour des comptes. 20Sont considĂ©rĂ©s comme organes toutes les entitĂ©s de lâUnion qui se basent sur le droit primaire comme par exemple le ComitĂ© des rĂ©gions et le ComitĂ© Ă©conomique et social, ainsi que les entitĂ©s fondĂ©es sur le droit dĂ©rivĂ©, comme des agences et des services. 21Pour Ă©viter quâil y ait des secteurs exclus de la protection des droits fondamentaux, la force obligatoire de la Charte sâĂ©tend aussi Ă la coopĂ©ration intergouvernementale. 22Lâart. 6 § 1 TUE prĂ©cise que la Charte des droits fondamentaux nâĂ©largit pas les compĂ©tences de lâUnion. Cela est rĂ©itĂ©rĂ© Ă lâart. 51 § 2 de la Charte. Cette rĂ©pĂ©tition exprime la crainte pendant les Ă©laborations de la Charte et du traitĂ© de Lisbonne, notamment de la part de la Grande-Bretagne, dâun Ă©largissement des compĂ©tences par la Charte. 23Des interprĂ©tations diffĂ©rentes se font jour quant Ă la question de savoir dans quelle mesure la Charte lie les Ătats membres. 24Selon lâart. 51 § 1 de la Charte, les Ătats membres sont tenus de respecter les droits inscrits dans la Charte lorsquâils mettent en Ćuvre le droit de lâUnion. Cela a dâabord pour consĂ©quence que les Ătats membres ne sont pas liĂ©s sâils agissent dans le cadre des compĂ©tences nationales. 25Il est alors nĂ©cessaire de prĂ©ciser le sens de lâexpression mettre en Ćuvre dans lâart. 51 § 1 de la Charte. La mise en Ćuvre peut sâenvisager de façon normative ou administrative. 5 CJCE, Wachauf, aff. 5/88, Rec. 1989, p. 2609. 6 CJCE, ERT, aff. C-260/89, Rec. 1991, p. I-2925. 26Alors que la mise en Ćuvre normative consiste particuliĂšrement en lâexĂ©cution des directives, la mise en Ćuvre administrative, est, en substance, lâapplication des rĂšglements europĂ©ens. La jurisprudence de la Cour de Justice de lâUnion europĂ©enne lie les Ătats membres exĂ©cutant le droit de lâUnion, comme dans le cas de la jurisprudence Wachauf5, mais aussi dans le champ dâapplication des libertĂ©s fondamentales, comme dans le cas de la jurisprudence ERT6. Au premier regard, la portĂ©e de cet article reste moins Ă©tendue que cette jurisprudence parce que cet article parle seulement de la mise en Ćuvre du droit de lâUnion. Cette interprĂ©tation mĂšne Ă la situation selon laquelle les Ătats membres ne seraient pas obligĂ©s de respecter la Charte sâil sâagit des actes juridiques limitant les libertĂ©s fondamentales en droit interne. Ainsi, lâart. 51 § 1 est-il lâexpression de la crainte, de la part de la Grande-Bretagne particuliĂšrement, que la Charte puisse Ă©largir le contrĂŽle de la Cour de Justice sur les Ătats membres. Cela est un argument contre lâobligation des Ătats membres sâils restreignent les libertĂ©s fondamentales. MalgrĂ© les explications relatives Ă la Charte qui contiennent une rĂ©fĂ©rence Ă la jurisprudence ERT, la teneur de lâarticle est claire il nây a aucune obligation de la part des Ătats membres de respecter la Charte dans le champ dâapplication des libertĂ©s fondamentales en droit interne, et ceci en raison de la teneur claire de lâart. 51 qui lie les Ătats membres Ă la Charte seulement dans le cadre de lâexĂ©cution du droit de lâUnion. 27Quant Ă la question de savoir si la Charte oblige aussi des particuliers, il sâagit lĂ dâune question controversĂ©e. Contre un effet Ă lâĂ©gard du tiers, on peut allĂ©guer que la teneur de lâart. 51 § 1 nâĂ©voque pas explicitement les particuliers. 28Quels sont les titulaires des droits fondamentaux ? La Charte ne contient pas une disposition gĂ©nĂ©rale en ce qui concerne les titulaires des droits fondamentaux. Ce silence conduit Ă englober chaque personne physique sans que lâĂąge ou la capacitĂ© de contracter jouent un rĂŽle. Mais il y a des exceptions Ă ce principe Quelques droits ne concernent que les citoyens europĂ©ens, par exemple le droit dâĂ©lire activement et passivement. Dâautres droits de la Charte protĂšgent des groupes spĂ©ciaux, par exemple les enfants et les travailleurs. 29Il convient bien sĂ»r dâinclure dans le domaine dâapplication de la Charte les citoyens des Ătats tiers sâils sont affectĂ©s par le droit de lâUnion de la mĂȘme façon que des citoyens europĂ©ens. 30En outre, la question de savoir si des personnes morales du droit privĂ© sont des titulaires des droits fondamentaux reste posĂ©e. On peut y rĂ©pondre par lâaffirmative dans le cas dâune applicabilitĂ© conditionnĂ©e par la nature du droit invoquĂ© par les personnes morales. 31Les personnes morales du droit public ne sont pas des titulaires des droits fondamentaux parce que les droits fondamentaux ont la fonction de prĂ©venir des interventions de lâĂtat dans les droits des particuliers. 32De plus, la rĂ©glementation relative au cas dâexception de la force obligatoire obtenue par la Grande-Bretagne, la Pologne et la TchĂ©quie est digne dâĂȘtre mentionnĂ©e. Le protocole les concernant a pour effet que ni les autorisations de la Cour de Justice ni celles des tribunaux nationaux de Pologne, de Grande-Bretagne et de TchĂ©quie, de contrĂŽler la lĂ©gitimitĂ© des normes juridiques et des rĂšglements administratifs ne sont Ă©largies. 33Cette exception sâexplique par la crainte de la Grande-Bretagne que des travailleurs pourraient agir en justice pour faire valoir des droits de grĂšve ou de conventions collectives par le dĂ©tour de la Cour de Justice de lâUnion europĂ©enne. On doit considĂ©rer que la Charte oblige en premier lieu lâUnion. Les Ătats membres sont seulement obligĂ©s dans lâhypothĂšse de la mise en Ćuvre du droit de lâUnion. Par consĂ©quent, la crainte de la Grande-Bretagne nâest pas justifiĂ©e parce quâune obligation Ă©tendue est aussi avantageuse pour les Ătats membres. 34Dans le cas de la Pologne, les arguments pour justifier lâexception de la force obligatoire Ă©taient le maintien de lâinterdiction de lâavortement et des rĂ©glementations nationales en ce qui concerne le clonage et les couples homosexuels. La Charte ayant pour objectif de rendre plus visible la protection des citoyens europĂ©ens par les droits fondamentaux, lâexception ne contribue pas Ă favoriser la crĂ©ation dâune identitĂ© europĂ©enne, parce quâil nây a pas de droit Ă©gal pour tous les citoyens europĂ©ens. 35En conclusion, on peut dire que le traitĂ© de Lisbonne rĂ©alise un progrĂšs en ce qui concerne la protection des citoyens europĂ©ens par les droits fondamentaux et quâune Charte pourvue de force obligatoire sera bĂ©nĂ©fique pour ces citoyens.
Lemoyen est pris de la violation des articles 6,8 et 13 de la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertĂ©s fondamentales, 7, 51 et 52 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union europĂ©enne, 101 du TraitĂ© sur le fonctionnement de l'Union europĂ©enne, L. 450-4 du code de commerce, 591 du code de procĂ©dure TiniĂšre R. et Vial C. dir., Les dix ans de la Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne. Bilan et perspectives, Bruxelles, Bruylant, 2020, p. 317., 2020SĂ©bastien PlatonThis PaperA short summary of this paper37 Full PDFs related to this paperReadPDF Pack| áοглՄŃĐŸ ĐŸášĐ”ŐčĐŸÏÏ ÎŽĐŸĐ¶ ŃŃĐŸŃᜠ| ĐŐ©Ń ĐŸŐąáżÖáČ | Đ ÏĐ» Ő°Đ”Ń ĐžĐŒáŃ ŃÎžŃ |
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LaCour internationale de Justice constitue l'organe judiciaire principal des Nations Unies. Elle fonctionne conformément à un Statut établi sur la base du Statut de la Cour permanente de Justice internationale et annexé à la présente Charte dont il fait partie intégrante. Article 93. 1.
29/11/2020 A l'international La Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne entrĂ©e en vigueur le 7 dĂ©cembre 2000 Ă©numĂšre une sĂ©rie de droits et libertĂ©s fondamentales, inspirĂ©s par la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme CEDH. Face Ă cette Charte, plusieurs questions se posent qui peut lâinvoquer ? Dans quels litiges ? Quâen est-il des litiges entre particuliers ? EFFET DIRECT VERTICAL ET EFFET DIRECT HORIZONTAL Lâeffet direct est un principe dĂ©veloppĂ© par la jurisprudence, notamment dans le cĂ©lĂšbre arrĂȘt Van Gend en Loos[1]. Par effet direct, on entend lâinvocabilitĂ© dâune norme europĂ©enne, sans nĂ©cessitĂ© de transposition de ladite norme en droit national. Lâeffet direct est vertical lorsquâun particulier invoque une norme europĂ©enne ou nationale contre un Etat. Par consĂ©quent, il est exclu dans un litige entre particuliers uniquement. Selon la jurisprudence, il y a effet direct du droit primaire si la disposition est claire, prĂ©cise, inconditionnelle et ne nĂ©cessitant pas de transposition ultĂ©rieure test de lâeffet direct. Quant au droit secondaire aussi dit droit dĂ©rivĂ© », lâarticle 288, paragraphe 2, TFUE prĂ©voit un effet direct pour les rĂšglements. NĂ©anmoins, il ne rĂ©sulte pas de lâart. 288 TFUE que dâautres catĂ©gories dâactes visĂ©s par cet article ne peuvent jamais produire dâeffets analogues »[2]. La jurisprudence[3] reconnaĂźt un effet direct aux directives Ă certaines conditions le caractĂšre inconditionnel, clair et suffisamment prĂ©cis des dispositions de la directive, lâabsence de transposition de celle-ci par lâEtat membre aprĂšs lâexpiration du dĂ©lai de transposition ou encore une mauvaise transposition. LâidĂ©e est dâĂ©viter quâun Etat ne profite » de sa propre violation du droit communautaire[4]. Quâen est-il de la portĂ©e des normes europĂ©ennes dans les litiges exclusivement entre particuliers ? Dans lâaffaire Defrenne/Sabena[5], la Cour a admis un effet direct horizontal du droit primaire, notamment dans le domaine de lâĂ©galitĂ© salariale hommes-femmes aujourdâhui art. 157 TFUE, anciennement art. 119 TCEE. Concernant le droit secondaire, lâeffet direct horizontal est refusĂ© pour les directives[6]. En effet, celles-ci ne sâadressant pas aux individus mais aux Etats membres de lâUE, admettre tel effet serait une approche trop extensive et permissive[7]. NĂ©anmoins, un effet dit indirect » est admis selon la jurisprudence[8], en ce sens que les Etats destinataires de la directive sont liĂ©s par le principe de lâinterprĂ©tation conforme. Quand un effet direct ne peut pas ĂȘtre reconnu, il incombe aux juridictions nationales dâinterprĂ©ter le droit national de maniĂšre conforme au droit de lâUE, y compris en modifiant sa jurisprudence. Si une telle interprĂ©tation sâavĂšre impossible, câest la question de la responsabilitĂ© de lâEtat membre pour violation du droit de lâUnion et de la rĂ©paration du dommage subi qui se posera[9]. PRINCIPES ET DROITS DANS LA CHARTE DISTINCTION Les articles 51, paragraphe 1 et 52, paragraphe 5 de la Charte posent la distinction entre les principes » et les droits » au sein de la Charte des droits fondamentaux de lâUE. Ainsi, les droits subjectifs doivent ĂȘtre respectĂ©s, tandis que les principes doivent ĂȘtre observĂ©s. Les principes peuvent ĂȘtre mis en Ćuvre par le biais dâactes lĂ©gislatifs ou exĂ©cutifs adoptĂ©s par lâUnion dans le cadre de ses compĂ©tences et par les Ătats membres uniquement lorsquâils mettent en Ćuvre le droit de lâUnion; ils ne donnent toutefois pas lieu Ă des droits immĂ©diats Ă une action positive de la part des institutions de lâUnion ou des autoritĂ©s des Ătats membres »[10]. Il dĂ©coule de cette distinction que les dispositions consacrant des principes ne produisent pas dâeffet direct, contrairement aux dispositions consacrant des droits subjectifs[11], sous rĂ©serve des conditions de lâeffet direct. Il nâest donc pas possible dâinvoquer directement un principe pour lâexercice dâun droit subjectif. Comme le souligne la doctrine[12], la distinction entre droits » et principes » influence la justiciabilitĂ© de certaines dispositions notamment dans le cadre de lâapplication horizontale. CHAMP DâAPPLICATION ARTICLE 51 DE LA CHARTE Lâarticle 51, paragraphe 1 de la Charte dĂ©finit le champ dâapplication de celle-ci Les dispositions de la prĂ©sente Charte sâadressent aux institutions, organes et organismes de lâUnion dans le respect du principe de subsidiaritĂ©, ainsi quâaux Ătats membres uniquement lorsquâils mettent en Ćuvre le droit de lâUnion ». Il en ressort que le champ dâapplication est confinĂ© aux cas de mise en Ćuvre du droit de lâUE et quâĂ priori la Charte ne sâapplique pas entre individus, autrement dit ne produit pas dâeffet direct horizontal. La notion de mise en Ćuvre du droit de lâUnion » de lâarticle 51 paragraphe 1 de la Charte est sujet de nombreux dĂ©bats. Certes, Ă la simple lecture, la Charte nâinclut pas lâindividu comme bĂ©nĂ©ficiaire des droits et principes, mais ne lâexclut pas explicitement non plus. La question de lâeffet direct horizontal reste donc ouverte. Ainsi, la Cour a reconnu au fil des annĂ©es un effet direct Ă certaines dispositions de la Charte dans les litiges entre particuliers. INVOCABILITĂ DE LA CHARTE EFFET DĂRIVà » HORIZONTAL Dans certaines situations, la Charte nâest pas invoquĂ©e en tant que telle dans un litige horizontal, mais la Cour sây rĂ©fĂšre pour confirmer son raisonnement quant Ă lâĂ©tablissement dâun principe gĂ©nĂ©ral du droit de lâUE. Câest le cas notamment lâaffaire Mangold[13].Dans lâaffaire KĂŒcĂŒkdeveci[14], la Cour a reconnu, dans ce contexte, lâexistence dâun principe de non-discrimination en fonction de lâĂąge qui doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un principe gĂ©nĂ©ral du droit de lâUnion ». La Cour fait ensuite rĂ©fĂ©rence Ă lâarticle 21, paragraphe 1 de la Charte qui pose le mĂȘme principe de non-discrimination, concrĂ©tisĂ© par une directive. Ces Ă©lĂ©ments ne suffisent nĂ©anmoins pas pour admettre un effet direct horizontal puisquâil faut encore vĂ©rifier que les normes litigieuses tombent dans le champ dâapplication du droit de lâUE. Dans les deux affaires citĂ©es, la Cour sâest servie dâun principe gĂ©nĂ©ral du droit de lâUnion et, notamment, du principe de lâinterdiction des discriminations sur la base de lâĂąge afin dâobtenir lâapplication horizontale des directives dans les litiges entre particuliers »[15]. Câest donc la concrĂ©tisation de lâeffet direct horizontal des directives, en contradiction avec la jurisprudence prĂ©cĂ©demment Ă©tablie[16]. Ainsi, lâarticle 21, paragraphe 1 de la Charte peut produire un effet direct horizontal conjointement avec la directive en matiĂšre de protection contre la discrimination fondĂ©e sur lâĂąge. Câest un effet dit dĂ©rivĂ© » horizontal de la Charte. Le point faible de ces deux affaires est que la Cour se rĂ©fĂšre en premier lieu aux principes gĂ©nĂ©raux du droit de lâUE pour protĂ©ger les droits fondamentaux et non Ă la Charte mĂȘme, instrument qui codifie justement les principes[17], mĂȘme si la Charte nâĂ©tait juridiquement pas encore contraignante[18]. Par la suite, lâaffaire Dansk Industri DI[19] reprend le mĂȘme raisonnement, basĂ© sur les affaires Mangold et KĂŒcĂŒkdeveci. En revanche, dans lâaffaire Dominguez[20], la Cour sâest montrĂ©e rĂ©ticente Ă Ă©tendre au-delĂ du principe gĂ©nĂ©ral de non-discrimination en fonction de lâĂąge »[21] la jurisprudence Ă©tablie. Par consĂ©quent, elle sâest contentĂ©e du principe de lâinterprĂ©tation conforme, sans examiner lâĂ©ventuelle invocation de lâarticle 31 de la Charte et considĂ©rant une des parties au litige comme autoritĂ© publique dans cette affaire[22]. EXCLUSION DE LâEFFET DIRECT HORIZONTAL DE LA CHARTE Dans lâaffaire AMS[23], la Cour a refusĂ© dâaccorder un effet direct horizontal Ă lâarticle 27 de la Charte, que ce soit seul ou en conjonction avec une directive. En effet, la Cour prĂ©cise il ressort donc clairement du libellĂ© de lâarticle 27 de la Charte, que, afin que cet article produise pleinement ses effets, il doit ĂȘtre prĂ©cisĂ© par des dispositions du droit de lâUnion ou du droit national ». Cette disposition ne se suffisait pas Ă elle-mĂȘme au sens du test de lâeffet direct pour confĂ©rer aux particuliers un droit subjectif. La concrĂ©tisation de la disposition par une directive ne dĂ©ployait ainsi pas dâeffet Mangold[24]. Lâarticle 27 de la Charte contient un principe » au sens de lâarticle 51, paragraphe 2 de la Charte. Contrairement Ă lâarticle 31, paragraphe 2 de la Charte, lâarticle 27 indique quâil doit ĂȘtre prĂ©cisĂ© par des dispositions du droit de lâUnion ou du droit national. Ceci justifie lâabsence dâeffet direct horizontal. Plus gĂ©nĂ©ralement, les dispositions de la Charte contenant une condition de concrĂ©tisation ultĂ©rieure ne sauront dĂ©ployer un effet direct horizontal. Les dispositions concernĂ©es sont entre autres les articles 27, 28, 30, 34 Ă 36, 9, 14, 10, paragraphe 2, 14 et 16 de la Charte[25]. En effet, elles font toutes rĂ©fĂ©rence aux lĂ©gislations et pratiques nationales » et la plupart dâentre elles concrĂ©tisent des droits sociaux chapitre intitulĂ© solidaritĂ© » dans la Charte. INVOCABILITĂ DE LA CHARTE DANS LES LITIGES ENTRE PARTICULIERS EFFET DIRECT HORIZONTAL Concernant lâarticle 21, paragraphe 1 de la Charte, la jurisprudence antĂ©rieure Mangold, KĂŒcĂŒkdeveci, Dansk Industrie avait dĂ©jĂ admis son effet direct horizontal, conjointement une directive. Par la suite, la Cour est allĂ©e plus loin en admettant que la disposition de la Charte a un caractĂšre impĂ©ratif en tant que principe gĂ©nĂ©ral de droit de lâUnion » et par consĂ©quent se suffit Ă elle-mĂȘme pour confĂ©rer aux particuliers un droit invocable en tant que tel dans un litige qui les oppose dans un domaine couvert par le droit de lâUnion »[26]. Dans lâaffaire Egenberger[27], il Ă©tait question dâun litige impliquant le principe de non-discrimination fondĂ©e sur la religion article 21 de la Charte. La Cour a considĂ©rĂ© que les articles 21 et 47 de la Charte jouissent dâun effet direct horizontal, de par leur autosuffisance et les juridictions nationales doivent, au besoin, laisser inappliquĂ©e toute disposition nationale contraire »[28]. Ainsi, si la disposition de la Charte se suffit Ă elle-mĂȘme » en ce sens quâelle est suffisamment claire, prĂ©cise et inconditionnelle test de lâeffet direct, elle pourra ĂȘtre dotĂ©e dâun effet direct horizontal. Dans lâaffaire Bauer, la Cour a reconnu un effet direct horizontal Ă lâarticle 31, paragraphe 2 de la Charte, tout en rappelant que la directive litigieuse ne produit pas dâeffet direct horizontal. NĂ©anmoins, un rĂ©cent arrĂȘt[29] permet de nuancer lâeffet direct horizontal de lâarticle 31, paragraphe 2 de la Charte et de relever la fragmentation de la matiĂšre. En effet, lâaffaire en question a mis en Ă©vidence quâil y a lieu dâexaminer chaque cas individuellement et un effet direct horizontal ne saurait ĂȘtre dĂ©duit de façon systĂ©matique, dĂšs quâil est fait mention de cette disposition. VERS UNE ADMISSIBILITĂ GĂNĂRALE DE LâEFFET DIRECT HORIZONTAL DE LA CHARTE ? Il convient maintenant dâexaminer si des conditions gĂ©nĂ©rales » peuvent ĂȘtre dĂ©gagĂ©es pour dĂ©finir la reconnaissance dâun effet direct horizontal pour des dispositions de la Charte. A cet effet, lâaffaire Max-Planck[30] apporte des prĂ©cisions pertinentes et pose le test Max-Planck ». Le test Max-Planck » Ă©tablit plusieurs conditions pour dĂ©ployer un effet direct horizontal, la disposition de la Charte doit ĂȘtre premiĂšrement inconditionnelle et deuxiĂšmement impĂ©rative. Par inconditionnelle », cela suppose que la disposition ne demande pas Ă ĂȘtre concrĂ©tisĂ©e par des dispositions du droit de lâUnion ou de droit national », en ce sens, elle est se suffit Ă elle-mĂȘme ». La Cour ajoute nĂ©anmoins quâune lĂ©gislation secondaire peut seulement prĂ©ciser » certaines caractĂ©ristiques du droit ancrĂ© dans la disposition, comme par exemple la durĂ©e exacte du congĂ© annuel »[31]. A ces Ă©lĂ©ments sâajoutent les critĂšres traditionnels de clartĂ© et de prĂ©cision requis pour avoir des effets directs »[32]. La disposition doit donc ĂȘtre claire, prĂ©cise et inconditionnelle, comme posĂ© dans la jurisprudence de lâeffet direct. Quant au caractĂšre impĂ©ratif, cela sous-entend quâaucune limitation nâest applicable au droit fondamental et quâil ne peut ĂȘtre dĂ©rogĂ© au droit en question. Bien entendu, il est nĂ©cessaire que le litige tombe dans le champ dâapplication du droit de lâUnion. En bref, le test Max-Planck » permet spĂ©cifiquement de dĂ©finir si une disposition de la Charte confĂ©rant un droit peut ĂȘtre pourvue dâun effet direct horizontal, sans mise en Ćuvre ultĂ©rieure par le droit national ou le droit de lâUnion. Quâen est-il dâune admissibilitĂ© gĂ©nĂ©rale » dâun effet direct horizontal de la Charte. Pourquoi envisager un tel effet ? DĂ©jĂ Ă lâĂ©poque de lâaffaire KĂŒcĂŒkdeveci, lâavocat gĂ©nĂ©ral soulignait que si la Charte venait Ă acquĂ©rir un effet juridique contraignant comme ce fut le cas suite au TraitĂ© de Lisbonne, le nombre de cas impliquant les droits fondamentaux dans une situation horizontale viendrait Ă augmenter[33]. Vu la jurisprudence, cette opinion semble reflĂ©ter la rĂ©alitĂ©. ConcrĂštement, aucune disposition de la Charte ne devrait ĂȘtre exclue dâoffice dâun potentiel effet direct horizontal. NĂ©anmoins, parler dâune admissibilitĂ© gĂ©nĂ©rale » dâun effet direct horizontal de la Charte nâest pas possible. En effet, nombreuses dispositions de la Charte, de par leur nature, ne peuvent produire dâeffets dans les litiges entre particuliers. Elles visent les Etats membres et les institutions de lâUnion europĂ©enne. Catherine BOYARKINE BIBLIOGRAPHIE Doctrine I. Manuels et ouvrages AMALFITANO Chiara, General principles of EU law and the protection of fundamental rights, Cheltenham Edward Elgar Publishing, 2018, 232 p. FRANTZIOU Eleni, The Horizontal Effect of Fundamental Rights in the European Union A Constitutional Analysis, Oxford Oxford University Press, 2019, 231 p. II. Articles de revues CARIAT Nicolas, Lâinvocation de la Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne dans les litiges horizontaux â Etat des lieux aprĂšs lâarrĂȘt Association de mĂ©diation socialeâ, Cahiers de droit europĂ©en 2014, pp. 305-336. DELIYANNI-DIMITRAKOU Christina, Lâeffet horizontal des droits sociaux selon la jurisprudence de la CJUE et la pratique des juridictions nationales, Lex Social, Revista juridica de los Derechos Sociales 2017, pp. 99-122. FRANTZIOU Eleni, The Horizontal Effect of the Charter of Fundamental Rights of the European Union Rediscovering the Reasons for Horizontality, European Law Journal 2015, pp. 658-679. III. Articles tirĂ©s de sites et blogs sur internet ROSSI Lucia Serena, The relationship between the EU Charter of Fundamental Rights and Directives in horizontal situations, EU Law Analysis, 25 fĂ©vrier 2019, disponible sur [ consultĂ© le 10 novembre 2019. SARMIENTO Daniel, Sharpening the Teeth of EU Social Fundamental Rights A Comment on Bauer, A blog about EU Law and other cratures, 8 novembre 2018, disponible sur [ consultĂ© le 25 novembre 2019. LĂ©gislation du droit de lâUnion europĂ©enne I. Droit primaire TraitĂ© de Lisbonne modifiant le TraitĂ© sur lâUnion europĂ©enne et le TraitĂ© instituant la communautĂ© europĂ©enne [2007] JO C 306/01. Version consolidĂ©e du TraitĂ© sur lâUnion europĂ©enne [2016] JO C202/13. Version consolidĂ©e du TraitĂ© sur le fonctionnement de lâUnion europĂ©enne [2016] JO C202/47. Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne [2016] JO C202/389. II. Droit DĂ©rivĂ© Explications relatives Ă la Charte des droits fondamentaux du 14 dĂ©cembre 2007 [2007] JO C303/17. Jurisprudence de la Cour de justice de lâUnion europĂ©enne I. ArrĂȘts CJCE, arrĂȘt Van Gend en Loos/Administratie der Belastingen du 5 fĂ©vrier 1963, aff. C-26/62, ECLIEUC19631. CJCE, arrĂȘt Van Duyn/Home Office du 4 dĂ©cembre 1974, aff. C-41/74, ECLIEUC1974133. CJCE, arrĂȘt Defrenne/Sabena du 8 avril 1976, aff. C-43/75, ECLIEUC197656. CJCE, arrĂȘt Marshall/Southampton and South-West Hampshire Area Health Authority du 26 fĂ©vrier 1986, aff. C-152/84, ECLIEUC198684. CJCE, arrĂȘt Marleasing/Commercial Internacional de AlimentaciĂłn du 13 novembre 1990, aff. C-106/89, ECLIEUC1990395. CJCE, arrĂȘt Francovich et Bonifaci/Italie du 19 novembre 1991, aff. C-6/90, ECLIEUC1991428. CJCE, arrĂȘt Faccini Dori/Recreb du 14 juillet 1994, aff. C-91/92, ECLIEUC1994292. CJCE, arrĂȘt Mangold du 22 novembre 2005, aff. C-144/04, ECLIEUC2005709. CJUE, arrĂȘt KĂŒcĂŒkdeveci du 19 janvier 2010, aff. C-555/07, ECLIEUC201021. CJUE, arrĂȘt Ă kerberg Fransson du 26 fĂ©vrier 2013, aff. C-617/10, ECLIEUC2013105. CJUE, arrĂȘt Association de mĂ©diation sociale du 15 janvier 2014, aff. C-176/12, ECLIEUC20142. CJUE, arrĂȘt DI du 19 avril 2016, aff. C-441/14, ECLIEUC2016278. CJUE, arrĂȘt Egenberger du 17 avril 2018, aff. C-414/16, ECLIEUC2018257. CJUE, arrĂȘt IR du 11 septembre 2018, aff. C-68/17, ECLIEUC2018696. CJUE, arrĂȘt Bauer du 6 novembre 2018, aff. C-569/16, ECLIEUC2018871. CJUE, arrĂȘt Max-Planck-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften du 6 novembre 2018, aff. C-684/16, ECLIEUC2018874. CJUE, arrĂȘt Cresco Investigation du 22 janvier 2019, aff. C-193/17, ECLIEUC201943. CJUE, arrĂȘt TSN du 19 novembre 2019, aff. C-609/17, ECLIEUC2019981. II. Conclusions des Avocats gĂ©nĂ©raux Conclusions de lâavocat gĂ©nĂ©ral Yves Bot, prĂ©sentĂ©es le 7 juillet 2009 dans lâaffaire Seda KĂŒcĂŒkdeveci c. Swedex GmbH & Co. KG, aff. C-555/07, ECLIEUC2009429. Autres Image de garde [ consultĂ© le 19 novembre 2020. [1] CJCE, arrĂȘt Van Gend en Loos/Administratie der Belastingen du 5 fĂ©vrier 1963, aff. C-26/62, ECLIEUC19631. [2] CJCE, arrĂȘt Van Duyn/Home Office du 4 dĂ©cembre 1974, aff. C-41/74, ECLIEUC1974133, pt. 12. [3] CJCE, arrĂȘt Van Duyn/Home Office du 4 dĂ©cembre 1974, aff. C-41/74, ECLIEUC1974133. [4] CJCE, arrĂȘt Marshall/Southampton and South-West Hampshire Area Health Authority du 26 fĂ©vrier 1986, aff. C-152/84, ECLIEUC198684, pt. 49. [5] CJCE, arrĂȘt Defrenne/Sabena du 8 avril 1976, aff. C-43/75, ECLIEUC197656. [6] CJCE, arrĂȘt Faccini Dori/Recreb du 14 juillet 1994, aff. C-91/92, ECLIEUC1994292, pt. 20 ; CJUE, arrĂȘt KĂŒcĂŒkdeveci du 19 janvier 2010, aff. C-555/07, ECLIEUC201021, pt. 46. [7] CJCE, arrĂȘt Faccini Dori/Recreb du 14 juillet 1994, aff. C-91/92, ECLIEUC1994292, pt. 24. [8]CJCE, arrĂȘt Marleasing/Commercial Internacional de AlimentaciĂłn du 13 novembre 1990, aff. C-106/89, ECLIEUC1990395, pt. 8. [9] CJCE, arrĂȘt Francovich et Bonifaci/Italie du 19 novembre 1991, aff. C-6/90, ECLIEUC1991428. [10] Explications relatives Ă la Charte des droits fondamentaux, art. 52, §5. [11] Amalfitano Chiara, General principles of EU law and the protection of fundamental rights, Cheltenham Edward Elgar Publishing, 2018, p. 105. [12] Frantziou Eleni, The Horizontal Effect of Fundamental Rights in the European Union A Constitutional Analysis, Oxford Oxford University Press, 2019, p. 88. [13] CJCE, arrĂȘt Mangold du 22 novembre 2005, aff. C-144/04, ECLIEUC2005709. [14] CJUE, arrĂȘt KĂŒcĂŒkdeveci du 19 janvier 2010, aff. C-555/07, ECLIEUC201021. [15] Deliyanni-Dimitrakou Christina, Lâeffet horizontal des droits sociaux selon la jurisprudence de la CJUE et la pratique des juridictions nationales, Lex Social, Revista juridica de los Derechos Sociales 2017, pp. 99-122, p. 102. [16] CJCE, arrĂȘt Faccini Dori/Recreb du 14 juillet 1994, aff. C-91/92, ECLIEUC1994292. [17] Frantziou Eleni, op. cit., N 12, p. 91-92. [18] Amalfitano Chiara, op. cit., N 11, p. 106. [19] CJUE, arrĂȘt DI du 19 avril 2016, aff. C-441/14, ECLIEUC2016278, pt. 22 et 27. [20] CJUE, arrĂȘt Dominguez du 24 janvier 2012, aff. C-282/10, ECLIEUC201233. [21] Cariat Nicolas, Lâinvocation de la Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne dans les litiges horizontaux â Etat des lieux aprĂšs lâarrĂȘt Association de mĂ©diation socialeâ, Cahiers de droit europĂ©en 2014, pp. 305-336, p. 318. . [22] Cariat Nicolas, op. cit., N 21, p. 318; CJUE, arrĂȘt Dominguez du 24 janvier 2012, aff. C-282/10, ECLIEUC201233, pt. 42. [23] CJUE, arrĂȘt Association de mĂ©diation sociale du 15 janvier 2014, aff. C-176/12, ECLIEUC20142. [24] Sarmiento Daniel, Sharpening the Teeth of EU Social Fundamental Rights A Comment on Bauer, A blog about EU Law and other cratures, 8 novembre 2018, disponible sur [ consultĂ© le 25 novembre 2019. [25] Rossi Lucia Serena., The relationship between the EU Charter of Fundamental Rights and Directives in horizontal situations, EU Law Analysis, 25 fĂ©vrier 2019, disponible sur [ consultĂ© le 10 novembre 2019. [26] CJUE, arrĂȘt Egenberger du 17 avril 2018, aff. C-414/16, ECLIEUC2018257, pt. 76 ; CJUE, arrĂȘt Cresco Investigation du 22 janvier 2019, aff. C-193/17, ECLIEUC201943, pt. 76 ; CJUE, arrĂȘt IR du 11 septembre 2018, aff. C-68/17, ECLIEUC2018696, pt. 69. [27] CJUE, arrĂȘt Egenberger du 17 avril 2018, aff. C-414/16, ECLIEUC2018257. [28] Ibid., pt. 83. [29] CJUE, arrĂȘt TSN du 19 novembre 2019, aff. C-609/17, ECLIEUC2019981. [30] CJUE, arrĂȘt Max-Planck-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften du 6 novembre 2018, aff. C-684/16, ECLIEUC2018874. [31] Ibid. ; CJUE, arrĂȘt Bauer du 6 novembre 2018, aff. C-569/16, ECLIEUC2018871, pt. 85. [32] Rossi Lucia Serena, op. cit., N 25. [33] Conclusions de lâavocat gĂ©nĂ©ral Yves Bot prĂ©sentĂ©es le 7 juillet 2009 dans lâaffaire Seda KĂŒcĂŒkdeveci c. Swedex GmbH & Co. KG, aff. C-555/07, ECLIEUC2009429, pt. 90.
1Les droits humains fondamentaux sont universels â en thĂ©orie. La rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e dans les Ătats europĂ©ens soumis Ă une forte pression migratoire doublĂ©e dâun risque sĂ©curitaire, dont la France. Des politiques migratoires restrictives affaiblissent la protection des droits des migrants irrĂ©guliers et demandeurs dâasile, en faisant notamment de la lĂ©galitĂ© du sĂ©jour un facteur discriminant. Ceux-ci en France bĂ©nĂ©ficient dâun filet de protection minimum â en Les hommes naissent et demeurent libres et Ă©gaux en droits » [1]. Cette dĂ©claration reprĂ©sente un idĂ©al Ă atteindre pour la France. Mais ce rĂȘve dâune sociĂ©tĂ© garante des droits de lâHomme se heurte Ă la tragique rĂ©alitĂ© que vivent aujourdâhui les migrants en lâOrganisation des Nations unies, un migrant peut ĂȘtre compris comme toute personne qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il nâest pas nĂ© et qui a acquis dâimportants liens sociaux avec ce pays ». Cette dĂ©finition correspond Ă une rĂ©alitĂ© multiple. Il nâest pas toujours aisĂ© de distinguer les migrants qui quittent leurs pays Ă cause de problĂšmes Ă©conomiques, de dĂ©gradations environnementales, de conflits ou de persĂ©cutions politiques. De plus, cette dĂ©finition est parfois trop restrictive. En effet, certains Ătats considĂšrent comme migrants » des personnes nĂ©es sur leur territoire mais ayant une origine Ă©trangĂšre. Dans ce cas, le terme de migrant » renvoie plus Ă lâorigine des personnes quâĂ leurs liens avec lâĂtat dâ France, le terme migrant » remplace celui dâ Ă©tranger » et correspond Ă un statut sociopolitique diffĂ©renciĂ© par rapport Ă celui du citoyen français. Or, ce statut conditionne lâexercice des droits fondamentaux. Pour les migrants, il suppose un contrĂŽle de la rĂ©gularitĂ© du sĂ©jour. En consĂ©quence, ils auront plus de mal Ă faire valoir leurs droits que les citoyens non soumis aux politiques migratoires, comme les Ă©trangers originaires de lâUnion europĂ©enne UE. Toute la difficultĂ© du respect des droits fondamentaux des migrants non ressortissants de lâUE se rĂ©vĂšle alors, dans la mesure oĂč il est complexe de criminaliser la migration tout en protĂ©geant les droits des migrants. En outre, lâEurope est actuellement confrontĂ©e Ă une forte pression migratoire doublĂ©e dâun risque sĂ©curitaire qui a conduit Ă un renforcement accru du contrĂŽle aux frontiĂšres. Dans le cadre dâune politique migratoire restrictive, comment garantir les droits fondamentaux des migrants ? MalgrĂ© la reconnaissance de droits essentiels aux migrants et la protection renforcĂ©e des rĂ©fugiĂ©s et des mineurs arrivant non accompagnĂ©s sur le territoire europĂ©en [2], la pĂ©riode actuelle rend souvent difficile lâeffectivitĂ© des droits tels quâils sont proclamĂ©s, en particulier pour les Ă©trangers sans droits ni protection minimale des droits fondamentaux des migrants5Au niveau international, les principaux traitĂ©s de dĂ©fense des droits de lâHomme [3], tels que la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâHomme du 4 novembre 1950 CEDH [4], garantissent des droits Ă toute personne se trouvant sur le territoire de lâĂtat partie Ă la Convention, indĂ©pendamment de son statut migratoire. En France et dans le cadre du Conseil de lâEurope, les migrants qui sâestiment victimes du non-respect de la CEDH peuvent, Ă certaines conditions, sâadresser Ă la Cour europĂ©enne des droits de lâHomme Cour EDH, dont les dĂ©cisions sont contraignantes. La CEDH couvre principalement des droits civils et politiques [5], dont deux sont primordiaux dans la protection des migrants [6]. Dâune part, lâinterdiction de soumettre quiconque Ă la torture ou Ă des peines ou traitements inhumains ou dĂ©gradants [7] protĂšge les migrants desdits traitements, y compris lorsquâils sont privĂ©s de libertĂ©s, et empĂȘche les autoritĂ©s des Ătats de les expulser vers un pays oĂč ils courent le risque dâĂȘtre victime dâun tel traitement. Dâautre part, le droit au respect de la vie privĂ©e et familiale [8], bien quâil nâinterdise pas lâexpulsion, permet de protĂ©ger les personnes contre des dĂ©cisions impliquant leur expulsion [9]. Ă ce titre, la Cour a Ă©tabli une sĂ©rie de critĂšres afin dâĂ©valuer ce qui constitue un juste Ă©quilibre » entre lâintĂ©rĂȘt dâun Ătat Ă maintenir lâordre public et le droit de la personne concernĂ©e au respect de sa vie familiale, et donc au maintien sur le territoire de lâĂtat concernĂ© [10]. Au sein de lâUE, en plus de la CEDH, la Charte des droits fondamentaux de lâUE [11] contient certains droits et principes qui sont garantis Ă chaque individu [12]. De plus, la Charte est applicable dans la mise en Ćuvre [13] de la politique europĂ©enne globale en matiĂšre de migrations [14]. Concernant les migrants, lâUE a pour objectif de prĂ©venir et de rĂ©duire lâimmigration irrĂ©guliĂšre, notamment par une politique efficace en matiĂšre de retour et de reconduite Ă la frontiĂšre. Cette politique doit, en principe, se faire dans le strict respect des droits le domaine de la protection de la santĂ©, par exemple, lâarticle 168 paragraphe 1 du traitĂ© sur le fonctionnement de lâUE TFUE [15] souligne que lâaction de lâUE porte sur lâamĂ©lioration de la santĂ© publique et la prĂ©vention des maladies et affections humaines et des causes de danger pour la santĂ© physique et mentale ». Lors de la mise en Ćuvre du droit de lâUE en la matiĂšre, les Ătats membres sont tenus de respecter lâarticle 35 de la Charte qui rĂ©affirme le droit pour toute personne dâaccĂ©der Ă la prĂ©vention en matiĂšre de santĂ© et de bĂ©nĂ©ficier de soins mĂ©dicaux dans les conditions Ă©tablies par les lĂ©gislations et pratiques nationales » [16]. Suivant cette disposition, il est clair que refuser un traitement dans une situation dâurgence est incompatible avec la notion de droit Ă la vie et avec lâinterdiction de toute forme de traitement inhumain ou dĂ©gradant, Ă©noncĂ©es dans la CEDH. De mĂȘme, le refus de soins mĂ©dicaux aux enfants et de soins post- et prĂ©natals et de naissance essentiels aux mĂšres est injustifiable. En France, les migrants en situation dâurgence ou ne pouvant pas bĂ©nĂ©ficier de la couverture maladie universelle CMU ont droit Ă lâaide mĂ©dicale dâĂtat AME, rĂ©servĂ©e aux Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre. En plus de ce dispositif minimal, les migrants peuvent se rendre dans les permanences dâaccĂšs aux soins de santĂ© Pass [17] afin de bĂ©nĂ©ficier dâune prise en charge mĂ©dicale, psychologique et sociale Pfister et al., 2014.7Dans le domaine de la protection sociale, les migrants bĂ©nĂ©ficient des mesures en matiĂšre de politique sociale destinĂ©es Ă lutter contre lâexclusion des travailleurs et Ă protĂ©ger leurs droits, telles que les prĂ©voient les articles 151 et 152 du TFUE. DĂšs 1989, la directive relative Ă la santĂ© et la sĂ©curitĂ© au travail considĂ©rait comme travailleur » toute personne employĂ©e par un employeur », sans en limiter la dĂ©finition aux travailleurs rĂ©guliers. La politique europĂ©enne de lutte contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre nâexclut donc pas une certaine protection des droits sociaux fondamentaux des travailleurs. Ainsi, en matiĂšre de travail clandestin, la directive 2009/52/CE dĂ©taille les actions et les mesures que les Ătats sont tenus de prendre Ă lâencontre des employeurs qui enfreignent lâinterdiction dâemployer des ressortissants des pays tiers en sĂ©jour irrĂ©gulier. En consĂ©quence, si les employeurs de migrants irrĂ©guliers doivent ĂȘtre sanctionnĂ©s, les travailleurs en situation irrĂ©guliĂšre ont le droit de rĂ©clamer tout salaire impayĂ© rĂ©sultant dâun travail clandestin ou de porter plainte Ă lâencontre de leurs employeurs. En dehors de ce cadre thĂ©orique et pratique de prise en charge, de nombreux bĂ©nĂ©voles et associations apportent un soutien trĂšs important aux migrants. Par exemple, en droit du travail, le Groupement dâintervention et de soutien des travailleurs immigrĂ©s Gisti assure des permanences tĂ©lĂ©phoniques et rĂ©pond aux questions Ă©crites. Au-delĂ du droit du travail, cette association peut orienter les migrants vers les structures aptes Ă assurer la dĂ©fense de leurs droits. Des associations spĂ©cialisĂ©es dans la santĂ©, comme MĂ©decins du Monde ou MĂ©decins sans frontiĂšres, interviennent Ă©galement sur le terrain afin dâapporter des soins aux migrants, notamment dans les campements de fortune Ă Calais et France, un filet de protection contre lâatteinte aux droits humains les plus essentiels existe. Cette protection minimale est ouverte aux rĂ©fugiĂ©s adultes et aux mineurs, lesquels bĂ©nĂ©ficient, en outre, de garanties protection renforcĂ©e des droits fondamentaux des migrants9Selon la Convention de GenĂšve, signĂ©e en 1951, est rĂ©fugiĂ©e » toute personne migrante qui a obtenu lâasile dâun Ătat. Ce statut juridique est accordĂ© Ă toute personne ⊠craignant dâĂȘtre persĂ©cutĂ©e du fait de sa race [son origine], de sa religion, de sa nationalitĂ©, de son appartenance Ă un certain groupe social ou de ses opinions politiques » [18]. ConcrĂštement, les Ătats ont lâobligation de ne pas renvoyer les rĂ©fugiĂ©s vers des frontiĂšres au-delĂ desquelles ils seraient exposĂ©s Ă des risques de torture ou de traitements inhumains ou dĂ©gradants [19]. En Europe, le mĂ©canisme de traitement de la demande dâasile est issu de la Convention adoptĂ©e Ă Dublin en 1990. Les Ătats sâaccordent sur le fait quâun seul dâentre eux sera compĂ©tent pour traiter une demande dâasile dĂ©posĂ©e par le demandeur. En pratique, lâĂtat dâentrĂ©e du migrant est compĂ©tent. Si le migrant se dĂ©place vers un autre Ătat, celui-ci peut demander Ă lâĂtat dâentrĂ©e dâadmettre ou de rĂ©admettre sur son territoire le demandeur. Toutefois, cette rĂ©admission nâest pas obligatoire. LâĂtat de sĂ©jour du migrant peut dĂ©cider dâexaminer la demande. Par exemple, en 2011, dans lâaffaire c/ Belgique et GrĂšce [20], la Cour EDH avait Ă©tĂ© saisie du cas dâun ressortissant afghan entrĂ© sur le territoire europĂ©en par la GrĂšce et qui, faute de soutien en GrĂšce, avait poursuivi jusquâen Belgique. La Belgique avait dĂ©cidĂ© de son renvoi vers la GrĂšce. La Cour explique que la mise en Ćuvre du RĂšglement de Dublin ne saurait dispenser les Ătats de sâassurer des conditions dâaccueil dans lâĂtat de rĂ©admission. La Belgique aurait dĂ» prĂ©venir tout renvoi vers la GrĂšce, Ă dĂ©faut de quoi elle sâexpose Ă un constat de violation par ricochet de la prohibition des mauvais traitements [21].10Ainsi, face Ă la crise migratoire, les Ătats frontaliers, comme la GrĂšce, nâont pas toujours les capacitĂ©s logistiques pour traiter un nombre considĂ©rable de demandes tout en respectant les droits fondamentaux des migrants. Le renvoi vers ces pays doit donc parfois ĂȘtre exclu. En dehors de ces conditions dâaccueil des rĂ©fugiĂ©s et demandeurs dâasile, les migrants mineurs bĂ©nĂ©ficient Ă©galement dâune protection particuliĂšre en raison de leur Ăąge et de leur dĂ©pendance familiale. Par exemple, en vertu de la Convention EDH, avant toute rĂ©admission en application du mĂ©canisme Dublin, les Ătats doivent sâassurer que les autoritĂ©s compĂ©tentes pourront effectivement assurer la prise en charge des migrants mineurs [22]. En principe, ces derniers doivent ĂȘtre accompagnĂ©s par un tuteur ou, Ă dĂ©faut, se voir dĂ©signer un reprĂ©sentant lĂ©gal capable de leur apporter une assistance juridique. De plus, ils doivent bĂ©nĂ©ficier dâune protection sociale leur assurant un hĂ©bergement dĂ©cent, en principe, par une famille dâaccueil ou dans un cadre durable, adaptĂ© aux besoins de lâ fois sa demande dĂ©posĂ©e, dans lâattente dâune dĂ©cision dĂ©finitive sur la protection et le statut Ă lui accorder rĂ©fugiĂ©, protection subsidiaire [23] ou temporaire [24], le migrant devient un demandeur dâasile. En France, il peut ĂȘtre logĂ© dans un Centre dâaccueil des demandeurs dâasile Cada mais il ne peut pas travailler lĂ©galement pendant une pĂ©riode de neuf mois suivant le dĂ©pĂŽt de sa demande de rĂ©gularisation Ă lâOffice français de protection des rĂ©fugiĂ©s et des apatrides Ofpra. AprĂšs ce dĂ©lai, il peut solliciter une autorisation de travail. En attendant, il peut bĂ©nĂ©ficier de lâallocation pour demandeur dâasile ADA, créée par la loi du 29 juillet 2015 relative Ă la rĂ©forme du droit dâasile [25]. LâOffice français de lâimmigration et de lâintĂ©gration Ofii est chargĂ© de la gestion de cette allocation dont le paiement est assurĂ© par lâAgence de services et de paiement. Elle est versĂ©e pendant la pĂ©riode dâinstruction de la demande dâasile ou jusquâau transfert effectif vers un autre Ătat responsable de lâexamen de la demande, ainsi quâaux ressortissants Ă©trangers bĂ©nĂ©ficiaires de la protection temporaire et Ă ceux auxquels une carte de sĂ©jour temporaire a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©e [26]. Pour bĂ©nĂ©ficier de lâallocation, le demandeur dâasile doit justifier de ressources financiĂšres mensuelles infĂ©rieures au montant du revenu de solidaritĂ© active RSA. Le montant de lâallocation est calculĂ© en fonction dâun barĂšme qui tient compte de la composition familiale, des ressources et du mode dâhĂ©bergement du migrant demandeur dâ revanche, les demandeurs dâasile ne peuvent pas bĂ©nĂ©ficier de lâallocation personnalisĂ©e au logement APL ni de lâallocation de logement social ALS puisquâils nâont pas de titre de sĂ©jour en cours de validitĂ©. Une fois le statut de rĂ©fugiĂ© obtenu, le migrant pourra bĂ©nĂ©ficier de ces aides au logement et du RSA sâil remplit les conditions nĂ©cessaires. Ă cĂŽtĂ© de lâaide financiĂšre, dans le domaine de la santĂ©, tout demandeur dâasile a accĂšs Ă la couverture maladie universelle CMU. Cette couverture est aussi ouverte aux mineurs non accompagnĂ©s, mĂȘme sâils sont en situation irrĂ©guliĂšre et/ou nâont pas dĂ©posĂ© de demande dâasile. En revanche, les migrants en situation irrĂ©guliĂšre, y compris les enfants accompagnĂ©s, sont admissibles au systĂšme de lâaide mĂ©dicale dâĂtat AME. De plus, en matiĂšre de scolarisation, tous les enfants de 6 Ă 16 ans doivent ĂȘtre scolarisĂ©s auprĂšs de la mairie de leur domicile. Toutefois, les demandeurs dâasile ne touchent pas dâallocations familiales. Pour y avoir droit, il faut rĂ©sider en France et possĂ©der un titre de sĂ©jour en cours de fonction du statut juridique des migrants, lâexpression de leurs droits fondamentaux varie, bien que tous disposent dâune garantie minimale de leurs droits en thĂ©orie. Il y a donc manifestement des restrictions au plein exercice des droits fondamentaux des protection limitĂ©e des droits fondamentaux des migrants14Dans un contexte de lutte contre la migration irrĂ©guliĂšre et malgrĂ© lâobjectif de traitement Ă©quitable des migrants en sĂ©jour rĂ©gulier [27], les politiques relatives Ă lâimmigration sont formulĂ©es en termes de contrĂŽle. Sans titre de sĂ©jour valable, le migrant est prĂ©sumĂ© coupable de rĂ©sider illĂ©galement sur le territoire. Pour pouvoir exercer pleinement ses droits, il doit prouver la rĂ©gularitĂ© de son sĂ©jour. Ă dĂ©faut, il doit quitter le territoire. En pratique, les mesures Ă©laborĂ©es pour gĂ©rer la migration ont une incidence directe ou indirecte sur les droits des migrants concernĂ©s. Par exemple, des mesures destinĂ©es Ă faciliter lâĂ©loignement de personnes du territoire incluent la possibilitĂ© recourir Ă la rĂ©tention. Afin de ne pas le franchir le pas de lâinjustice, il faut rĂ©soudre le conflit entre deux droits ou libertĂ©s. Dâune part, la protection de la sĂ©curitĂ© des citoyens, qui implique de garantir lâordre public au moyen de politiques permettant de contrĂŽler les flux migratoires. Dâautre part, la protection des droits des migrants, concernĂ©s par ces politiques. ConcrĂštement, il faut vĂ©rifier la proportionnalitĂ© de lâatteinte aux droits par rapport Ă lâobjectif dâordre public. Par exemple, la directive 2002/90/CE du Conseil impose aux Ătats de lâUE lâobligation de sanctionner quiconque aide sciemment, dans un but lucratif, un migrant en situation irrĂ©guliĂšre Ă pĂ©nĂ©trer et/ ou Ă sĂ©journer dans lâUE. Or, si des propriĂ©taires qui louent un appartement Ă des migrants en situation irrĂ©guliĂšre sont sanctionnĂ©s pour ce dĂ©lit de solidaritĂ© », les migrants auront davantage de difficultĂ©s Ă trouver un logement et donc Ă vivre dignement. En France, Fernand Bosson, conseiller municipal et ancien maire de la commune dâOnnion Haute-Savoie a ainsi Ă©tĂ© jugĂ© par le tribunal correctionnel de Bonneville, le 7 avril 2016, pour avoir hĂ©bergĂ© une famille kosovare dĂ©boutĂ©e du droit dâasile. Il a finalement Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© coupable mais dispensĂ© de respect des droits fondamentaux est Ă©galement mis Ă mal lors des opĂ©rations comportant un recours Ă la force afin dâidentifier les migrants en situation irrĂ©guliĂšre. En France, par exemple, des lieux dâhĂ©bergement des migrants, des Ă©coles ou des organisations humanitaires sont parfois la cible de contrĂŽles. Ces interventions portent atteinte au droit au logement, aux droits de lâenfant ou Ă la vie privĂ©e et familiale. Pour lâautoritĂ© judiciaire compĂ©tente, elles seront disproportionnĂ©es, par rapport Ă lâobjectif de contrĂŽle de la migration irrĂ©guliĂšre, sâil y a, par exemple, atteinte Ă lâintĂ©gritĂ© physique des personnes. En revanche, lâintervention dans des camps de migrants sera considĂ©rĂ©e comme proportionnĂ©e si elle est supervisĂ©e par des associations et/ou si une aide au retour ou Ă la rĂ©insertion est proposĂ©e aux migrants qui rentrent dans leur pays dâ dans un contexte de lutte contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre, les droits des migrants en matiĂšre de santĂ© sont difficiles Ă mettre en Ćuvre. DĂšs fĂ©vrier 2011, le Parlement europĂ©en avait reconnu que le droit aux soins mĂ©dicaux est garanti de façon alĂ©atoire dans les Ătats membres de lâUE, en pratique ou dans la loi, pour les migrants sans documents dâidentification [28]. Aucun consensus nâexiste par exemple en Europe sur le niveau minimum des prestations. Au-delĂ des soins dâurgence, tous les Ătats conditionnent gĂ©nĂ©ralement lâaccĂšs aux services mĂ©dicaux au statut administratif de la personne. Cette situation peut conduire Ă restreindre lâaccĂšs aux soins de santĂ© aux services vitaux, notamment pour les Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre. Pourtant, lâaccĂšs Ă certaines formes Ă©lĂ©mentaires de soins mĂ©dicaux est un droit essentiel qui ne peut ĂȘtre tributaire du statut juridique de la personne concernĂ©e [29]. Certes, en France, tous les migrants bĂ©nĂ©ficient dâune couverture mĂ©dicale minimale. Mais les modalitĂ©s de cette protection diffĂšrent en fonction du statut migratoire. Il y a donc une diffĂ©renciation lĂ©gale fondĂ©e sur le statut juridique, plus ou moins rĂ©gulier des migrants, par rapport Ă celui des ressortissants nationaux. Cette diffĂ©renciation nâest pas juridiquement discriminatoire. Toutefois, elle engendre souvent et malheureusement pour les migrants un sentiment de discrimination, fondĂ©e selon eux sur leur origine Vous qui entrez, abandonnez toute espĂ©rance » [30]. Cette phrase qui marque lâentrĂ©e dans lâEnfer de Dante pourrait rĂ©sonner dans les cĆurs des migrants bien plus que lâarticle premier de la DĂ©claration de 1789. Les droits de lâHomme sont universels mais lâĂtat peut circonscrire, dans une certaine mesure, lâexercice des droits fondamentaux des migrants en vue de garantir lâordre public. LâĂ©tranger dâhier et le migrant dâaujourdâhui sont des catĂ©gories qui reflĂštent lâineffectivitĂ© de lâuniversalitĂ© des droits de lâHomme. Lâhomme des droits fondamentaux est un ĂȘtre en devenir qui a vocation Ă englober les migrants contre la dĂ©shumanisation. Aujourdâhui, malgrĂ© la pression politique et dĂ©mographique, lâapplication des politiques migratoires restrictives doit respecter cet idĂ©al. Notes [1] Article premier de la DĂ©claration des droits de lâHomme et du Citoyen de 1789. [2] Les mineurs non accompagnĂ©s arrivant sur le territoire français bĂ©nĂ©ficient dâune protection plus Ă©levĂ©e que les autres migrants, mĂȘme sâils nâont pas le statut de rĂ©fugiĂ©s. Ils relĂšvent notamment de lâaide sociale Ă lâEnfance. [3] Voir article 2 de la DĂ©claration universelle des droits de lâHomme, adoptĂ©e en 1948 par lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies. [4] EntrĂ©e en vigueur le 3 septembre 1953, la CEDH nâest ratifiĂ©e par la France quâen 1974. Les 27 Ătats membres de lâUE sont tous parties Ă la CEDH. LâUE nâest pas partie Ă la CEDH mais le traitĂ© de Lisbonne fournit la base lĂ©gale nĂ©cessaire Ă cette adhĂ©sion. [5] Sauf dans son Protocole n° 1, article 2, oĂč elle prĂ©voit le droit Ă lâinstruction. [6] En ce qui concerne le droit Ă un procĂšs Ă©quitable article 6, il ne sâapplique pas aux arrĂȘts rendus en matiĂšre dâimmigration mais le droit Ă un recours effectif est, dans ce cas, garanti par lâarticle 13 ou lâarticle premier du Protocole n° 7 Ă la CEDH. [7] Article 3 CEDH. [8] Article 8 CEDH. [9] CEDH, Berrehab c. Pays-Bas, n° 10730/84, 21 juin 1988 ; Cour EDH, Moustaquim n° 12313/86, 18 fĂ©vrier 2001. [10] CEDH, Boultif contre Suisse, n° 54273/00, 2 aoĂ»t 2001. [11] Cette Charte fut adoptĂ©e en 2001 puis intĂ©grĂ©e au traitĂ© de Lisbonne en 2007. [12] Un certain nombre de dispositions sont uniquement applicables aux citoyens ou aux rĂ©sidents en situation rĂ©guliĂšre. Par exemple, la protection consulaire article 46 et certains droits politiques articles 39 et 40 mais Ă©galement les prestations de sĂ©curitĂ© sociale article 34, la libertĂ© de circulation article 45 et lâaccĂšs au marchĂ© du travail article 15. [13] Sur lâapplicabilitĂ© de la Charte, voir lâarticle 51. [14] LâUE est compĂ©tente pour dĂ©finir les conditions dâentrĂ©e et de sĂ©jour des ressortissants des pays tiers. [15] Le TFUE fut adoptĂ© Ă Lisbonne le 13 dĂ©cembre 2007 et est entrĂ© en vigueur le 1er dĂ©cembre 2009. [16] Voir aussi, en droit dĂ©rivĂ© de lâUE, lâarticle 14 1b et lâarticle 16 3 de la directive 2008/115/CE relative aux normes et aux procĂ©dures communes applicables dans les Ătats membres au retour des ressortissants de pays tiers en sĂ©jour irrĂ©gulier, JO 2008 L348/98. [17] La Pass est un dispositif issu de la loi dâorientation relative Ă lâexclusion du 29 juillet 1998, qui donne notamment accĂšs Ă des consultations de mĂ©decine gĂ©nĂ©rale et spĂ©cialisĂ©e. [18] Ce statut prend fin si la situation dans son pays a changĂ©, si la personne y est retournĂ©e volontairement ou si elle a changĂ© de nationalitĂ©. [19] Ce droit au non-refoulement » est reconnu Ă lâarticle 19 § 2 de la Charte DFUE. [20] CEDH, gde. ch., c/ Belgique et GrĂšce, n° 30696/09, 21 janv. 2011. [21] Lâanalyse a Ă©tĂ© reprise et confirmĂ©e dans CJUE, 21 dĂ©c. 2011, aff. C-411/10, c/ Secretary of State for Home Department. [22] CEDH, gde ch., 4 nov. 2014, n° 29217/12, Tarakhel c/ Suisse. [23] La protection subsidiaire est accordĂ©e en France Ă toute personne qui ne bĂ©nĂ©ficie pas du statut de rĂ©fugiĂ© mais pour laquelle il existe des motifs sĂ©rieux et avĂ©rĂ©s de croire quâelle courait dans son pays un risque rĂ©el de subir la peine de mort ou une exĂ©cution, la torture ou des peines ou traitement Ă©quivalent, une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison dâune violence aveugle rĂ©sultant dâune situation de conflit armĂ© interne ou international. [24] La protection temporaire est un dispositif mis en place au niveau europĂ©en lors de lâafflux massif de personnes dĂ©placĂ©es en raison, notamment, dâun conflit armĂ© ou de violations massives des droits fondamentaux. [25] LâADA a remplacĂ©, Ă compter du 1er novembre 2015, lâallocation temporaire dâattente et lâallocation mensuelle de subsistance. [26] En application de lâarticle L. 316-1 du Ceseda Code dâentrĂ©e et de sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile, sur victimes de la traite ou du proxĂ©nĂ©tisme. [27] 1 du TFUE. [28] RĂ©solution 2010/2089INI sur la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s de sante dans lâUE, 8 fĂ©vrier 2011. [29] Article 168 TFUE et 35 de la Charte DFUE. [30] LâEnfer, chant III, premiĂšre partie de la Divine ComĂ©die, poĂšme de Dante Alighieri.
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Les droits fondamentaux dans lâUE avant Nice La Charte de 2000 Uploaded on Aug 31, 2014 Download PresentationLa Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - E N D - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Presentation Transcript La Charte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne Niederanven Me Patrick Goergen - Avocat Ă la Cour Membre de Team Europe LuxembourgPatrick Goergen - âą Les droits fondamentaux dans lâUE avant Nice âą La Charte de 2000 âą Gain de sĂ©curitĂ© juridique ou rĂ©gression par rapport aux droits dĂ©jĂ garantis ? âą Nature des rapports avec les Constitutions nationales âą Respect du principe de subsidiaritĂ© âą Nature et valeur juridique de la Charte âą Chantiers pour lâavenir Patrick Goergen - droits fondamentaux dans lâUE avant NiceTraitĂ© sur lâUnion europĂ©enne Article 6 ex-article F paragraphe 1 TUE âą LâUnion est fondĂ©e sur les principes de la libertĂ©, de la dĂ©mocratie, du respect des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales, ainsi que de lâEtat de droit, principes qui sont communs aux Etats membres. » Patrick Goergen - Cependant Aucun catalogue des droits fondamentaux dans le TraitĂ© Ă la diffĂ©rence de la plupart des ordres juridiques des Ătats membres Patrick Goergen - reconnaissance politique âą DĂ©claration commune du Parlement europĂ©en, du Conseil de lâUnion europĂ©enne et la Commission europĂ©enne, 5 avril 1977 âą DĂ©claration des chefs dâĂtat ou de gouvernement sur la dĂ©mocratie, au sommet des 7 et 8 avril 1978 Ă Copenhague Patrick Goergen - Engagement Ă âą respecter les droits fondamentaux tels quâils rĂ©sultent notamment des constitutions des Etats membres ainsi que de la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales. âą dans lâexercice de leurs pouvoirs et dans la poursuite des objectifs de la CommunautĂ©. Patrick Goergen - 6, paragraphe 2, du traitĂ© UE LâUnion respecte les droits fondamentaux, tels quâils sont garantis par la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales, signĂ©e Ă Rome le 4 novembre 1950, et tels quâils rĂ©sultent des traditions constitutionnelles communes aux Etats membres, en tant que principes gĂ©nĂ©raux du droit communautaire. » Patrick Goergen - de la protection Protection des droits fondamentaux sâimpose âą aux institutions communautaires âą aux Etats membres Patrick Goergen - respect des droits de lâhomme est une condition sanctionnĂ©e âą dâappartenance Ă lâUnion europĂ©enne et, âą de participation plĂ©niĂšre Ă celle-ci. Article 49 ex-article O du traitĂ© UE Tout Etat europĂ©en qui respecte les principes Ă©noncĂ©s Ă lâarticle 6, paragraphe 1, peut demander Ă devenir membre de lâUnion. ⊠» Patrick Goergen - par jurisprudence communautaire AffaireErich Stauder c/ Ville dâUlm CJCE, 12 novembre 1969 âą Le bĂ©nĂ©ficiaire dâune pension de victime de guerre considĂšre comme une atteinte Ă sa dignitĂ© personnelle et au principe dâĂ©galitĂ© le fait de devoir donner son nom pour lâachat de beurre de NoĂ«l». Patrick Goergen - de la Cour de justice des CE ⊠la disposition litigieuse ne rĂ©vĂšle aucun Ă©lĂ©ment susceptible de mettre en cause les droits fondamentaux de la personne compris dans les principes gĂ©nĂ©raux du droit communautaire, dont la Cour assure le respect. » Patrick Goergen - Reconnaissance, pour la premiĂšre fois,de lâexistence dâun rĂ©gime autonome des droits fondamentaux dans la CE qui font partie des principes gĂ©nĂ©raux du droit communautaire quâil appartient Ă la Cour de justice de faire respecter Patrick Goergen - Nold 14 mai 1974, 4/73, J. Nold, Kohlen- und Baustoffgrosshandlung c/ Commission ⊠les droits fondamentaux font partie intĂ©grante des principes gĂ©nĂ©raux dont elle assure le respect ; en assurant la sauvegarde de ces droits, la Cour est tenue de sâinspirer des traditions constitutionnelles communes aux Etats membres et ne saurait dĂšs lors, admettre des mesures incompatibles avec les droits fondamentaux reconnus et garantis par les Constitutions de ces Etats ; les instruments internationaux concernant la protection des droits de lâhomme auxquels les Etats membres ont coopĂ©rĂ© ou adhĂ©rĂ© peuvent Ă©galement fournir des indications dont il convient de tenir compte dans le cadre du droit communautaire. » Patrick Goergen - dâadhĂ©sion de lâUE Ă la CEDH âą La Cour de justice prĂ©cise que, en lâĂ©tat du droit communautaire, la CommunautĂ© nâa pas compĂ©tence pour adhĂ©rer Ă la convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâhomme de 1950. Patrick Goergen - âŠAucune disposition du traitĂ© ne confĂ©rait aux institutions communautaires, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le pouvoir dâĂ©dicter des rĂšgles en matiĂšre de droits de lâhomme ou de conclure des conventions internationales dans ce domaine ⊠avis 2/94 du 28 mars 1996 Patrick Goergen - solution âą Seule solution dĂ©finitive au problĂšme des droits fondamentaux dans lâUnion europĂ©enne = Etablissement dâun catalogue de droits fondamentaux spĂ©cifique Ă lâUE Patrick Goergen - La Charte de 2000Auteurs de la Charte âą Abandon des sentiers intergouvernementaux classiques et des procĂ©dures communautaires fixĂ©es par les traitĂ©s âą Convention formation quadripartite âą Transparence des travaux âą Consultation de la sociĂ©tĂ© civile âą Recherche du consensus pour lâadoption du projet Patrick Goergen - de la Charte âą Consensus au sein de la Convention sur le projet de Charte âą Soutien positif unanime par le Conseil europĂ©en Biarritz, 13/14 octobre 2000 âą Accord du Parlement europĂ©en 14 novembre 2000 et de la Commission europĂ©enne 6 dĂ©cembre 2000 Patrick Goergen - et proclamation formelle au Sommet de Nice 7 dĂ©cembre 2000 Patrick Goergen - de la Charte ancrer lâimportance exceptionnelle et la portĂ©e des droits fondamentaux de maniĂšre visible pour les citoyens de lâUnion Patrick Goergen - de la Charte 54 articles autour de six valeurs fondamentales âą dignitĂ© articles 1 Ă 5 âą libertĂ©s articles 6 Ă 19 âą Ă©galitĂ© articles 20 Ă 26 âą solidaritĂ© articles 27 Ă 38 âą citoyennetĂ© articles 39 Ă 46 âą justice articles 47 Ă 50 Patrick Goergen - âą DignitĂ© humaine âą Droit Ă la vie âą Droit Ă lâintĂ©gritĂ© de la personne âą Interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dĂ©gradants âą Interdiction de lâesclavage et du travail forcĂ© Patrick Goergen - âą Droit Ă la libertĂ© et Ă la sĂ»retĂ© âą Respect de la vie privĂ©e et familiale âą Protection des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel âą Droit de se marier et droit de fonder une famille âą LibertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion âą LibertĂ© dâexpression et dâinformation âą LibertĂ© de rĂ©union et dâassociation Patrick Goergen - des arts et des sciences âą Droit Ă lâĂ©ducation âą LibertĂ© professionnelle et droit de travailler âą LibertĂ© dâentreprise âą Droit de propriĂ©tĂ© âą Droit dâasile âą Protection en cas dâĂ©loignement, dâexpulsion et dâextradition Patrick Goergen - âą EgalitĂ© en droit âą Non-discrimination âą EgalitĂ© entre hommes et femmes âą Droits de lâenfant âą Droits des personnes ĂągĂ©es âą IntĂ©gration des personnes handicapĂ©es Patrick Goergen - âą Droit Ă lâinformation et Ă la consultation des travailleurs au sein de lâentreprise âą Droit de nĂ©gociation et dâactions collectives âą Droit dâaccĂšs aux services de placement âą Protection en cas de licenciement injustifiĂ© âą Conditions de travail justes et Ă©quitables âą Interdiction du travail des enfants et protection des jeunes au travail Patrick Goergen - familiale et vie professionnelle âą SĂ©curitĂ© sociale et aide sociale âą Protection de la santĂ© âą AccĂšs aux services dâintĂ©rĂȘt Ă©conomique gĂ©nĂ©ral âą Protection de lâenvironnement âą Protection des consommateurs Patrick Goergen - âą Droit de vote et dâĂ©ligibilitĂ© aux Ă©lections du Parlement europĂ©en âą Droit de vote et dâĂ©ligibilitĂ© aux Ă©lections municipales âą Droit Ă une bonne administration âą Droit dâaccĂšs aux documents âą Droit de saisine du mĂ©diateur âą Droit de pĂ©tition âą LibertĂ© de circulation et de sĂ©jour âą Protection diplomatique et consulaire Patrick Goergen - âą Droit Ă un recours effectif et Ă accĂ©der Ă un tribunal impartial âą PrĂ©somption dâinnocence et droits de la dĂ©fense âą Principe de lĂ©galitĂ© et de proportionnalitĂ© des dĂ©lits et des peines âą Droit Ă ne pas ĂȘtre jugĂ© ou puni pĂ©nalement deux fois pour une mĂȘme infraction Patrick Goergen - finales Article 52 - PortĂ©e des droits garantis âą Limitation des droits seulement par une loi âą En cas de nĂ©cessitĂ© et dans un objectif dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral reconnu par lâUE ou en cas de besoin de protection des droits et libertĂ©s dâautrui âą Sens et portĂ©e identiques aux droits prĂ©vus par la CEDH Patrick Goergen - 53 â Niveau de protection Aucune disposition de la Charte ne doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme limitant ou portant atteinte aux droits de lâhomme et libertĂ©s fondamentales reconnus, dans leur champ dâapplication respectif, par le droit de lâUnion, le droit international et les conventions internationales auxquelles sont parties lâUnion, la CommunautĂ© ou tous les Etats membres, et notamment la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales, ainsi que par les constitutions des Etats membres. » Patrick Goergen - Gain de sĂ©curitĂ© juridique ou rĂ©gression par rapport aux droits dĂ©jĂ garantis ?AutoritĂ©s assujetties au respect des droits Ă©numĂ©rĂ©s par la Charte âą Institutions et organes de lâUnion âą Etats membres, quand ils mettent en Ćuvre le droit de lâUE mesures nationales de transposition des directives Patrick Goergen - des droits âą RĂ©daction neutre sur le plan des genres masculin et fĂ©minin âą Principe Droits donnĂ©s Ă toute personne, sans distinction de nationalitĂ© ou de rĂ©sidence âą Cf. CEDH applicable Ă toute personne relevant de la juridiction des parties contractantes Patrick Goergen - âą En raison de la qualitĂ© spĂ©cifique dâune personne art. 24, travailleurs droits sociaux, personnes sans ressources suffisantes art. 47 conc. aide juridictionnelle Patrick Goergen - raison de la citoyennetĂ© de lâUnion droits politiques art. 39, 40, 46 Patrick Goergen - majeures âą Inscription de droits classiques ignorĂ©s par la CEDH âą Consacration de vĂ©ritables droits modernes âą Ajoutes aux droits de la CEDH Patrick Goergen - de droits classiques âą Art. 18 Droit dâasile âą Art. 24 Droit des enfants Patrick Goergen - de droits modernes Art. 3 droit au respect de lâintĂ©gritĂ© de la personne humaine âą Interdiction des pratiques eugĂ©niques âą Respect du consentement Ă©clairĂ© du patient âą Interdiction de faire du corps humain et de ses produits une source de profit âą Interdiction du clonage reproductif des ĂȘtres humains Patrick Goergen - 38 consommation âą Art. 37 environnement Patrick Goergen - par rapport aux droits CEDH âą Art. 9 Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en rĂ©gissent lâexercice. » âą Cf. Art. 12 CEDH A partir de lâĂąge nubile, lâhomme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales rĂ©gissant lâexercice de ce droit. » Patrick Goergen - considĂ©ration des cas dans lesquels les lĂ©gislations nationales reconnaissent dâautres voies que le mariage pour fonder une famille âą Ni interdiction, ni imposition de lâoctroi du statut de mariage Ă des unions entre personnes du mĂȘme sexe Patrick Goergen - 17 par. 2 Charte La propriĂ©tĂ© intellectuelle est protĂ©gĂ©e. » âą Art. 17 par. 1 Charte Nul ne peut ĂȘtre privĂ© de sa propriĂ©tĂ© si ce nâest ⊠moyennant en temps utile une juste indemnitĂ© pour sa perte. » = Nouveau par rapport Ă la CEDH Patrick Goergen - 21 Est interdite toute discrimination fondĂ©e notamment sur ⊠les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques ⊠» = nouveau par rapport Ă la CEDH But lutter contre les discriminations dans certains domaines sur la base du traitement des donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques assurance, accĂšs Ă lâemploi Patrick Goergen - 42 Tout citoyen ou toute citoyenne de lâUnion ou toute personne physique ou morale rĂ©sidant ou ayant son siĂšge statutaire dans un Etat membre a un droit dâaccĂšs aux documents du Parlement europĂ©en, du Conseil et de la Commission. » âą Cf. Art. 255 traitĂ© CE ⊠sous rĂ©serve des principes et des conditions qui seront fixĂ©s conformĂ©ment aux paragraphes 2 et 3. » Patrick Goergen - au droit dâaccĂšs suivant art. 255 âą Protection de lâintĂ©rĂȘt public âą Protection de lâindividu et de la vie privĂ©e âą Protection du secret en matiĂšre commerciale et industrielle âą Protection des intĂ©rĂȘts financiers de la CommunautĂ âą Protection de la confidentialitĂ© demandĂ©e par le fournisseur de lâinformation âą Protection de lâintĂ©rĂȘt de lâinstitution relatif au secret des dĂ©libĂ©rations Patrick Goergen - libertĂ©s Ă la CEDH âą LibertĂ© des arts et des sciences art. 13 âą LibertĂ© professionnelle et droit de travailler art. 15 âą LibertĂ© dâentreprise art. 16 âą Droit dâasile art. 18 âą Protection des donnĂ©es personnelles art. 8 Patrick Goergen -DemaniĂšre Ă Ă©viter, au fil des articles, les alinĂ©as qui, habituellement, dĂ©finissent la portĂ©e et les limites du droit proclamĂ© au dĂ©but de l'article, un chapitre vii intitulĂ© modestement « Dispositions gĂ©nĂ©rales » regroupe tout ce qui concerne le champ d'application de la Charte (art. 51), la portĂ©e des droits garantis (art. 52), le niveau de protection (art. 53) et l LaCharte des droits fondamentaux de lâUnion europĂ©enne a Ă©tĂ© proclamĂ©e le 7 fĂ©vrier 2000, Lâarticle 52 § 2 de la Charte invite Ă prendre en considĂ©ration les limitations envisagĂ©es par les traitĂ©s pour les droits qui y trouvent leur Ă©quivalent, comme câest le cas pour lâarticle 37. La formule de la Cour est claire « Par consĂ©quent, lâargumentation de la Toute personne a droit Ă ce que sa cause soit entendue Ă©quitablement, publiquement et dans un dĂ©lai raisonnable, par un tribunal indĂ©pendant et impartial, Ă©tabli par la loi, qui dĂ©cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractĂšre civil, soit du bien-fondĂ© de toute accusation en matiĂšre pĂ©nale dirigĂ©e contre elle. .